jeudi 21 juillet 2011

En avant les histoires

Pour m'accompagner dans mes aventures, et suite à une idée lancée par des étudiants de l'IEP, ma petite "compagnonne" de voyage qui risque de voir du pays !.... ;-)

PS : Emménagement à Paris demain ! A quelques minutes de la place de la Bastille... plus de précisions dans les jours à venir...





vendredi 8 juillet 2011

Etudier à l'étranger

Mon départ sur l'autre continent est encore loin. Mon empressement est pourtant tel que je ne sais pas comment je vais pouvoir tenir quelques mois de plus avant d'embarquer dans le premier avion qui m'emmènera loin de ma France, cette France à laquelle je tiens au moins autant qu'elle me désintéresse en ce moment.
Mon départ sur l'autre continent est encore loin, le futur me semble donc encore bien flou. Ces images brumeuses me renvoient plutôt au passé, et à cette extraordinaire année qui vient de prendre fin. Cette année si haute en couleurs qui joue et jouera à coups sûrs un grand rôle dans ma future expérience à l'étranger...

J'ai du mal à cacher mon enthousiasme et mon émotion quand je repense à cette expérience extraordinaire qui s'est offerte à moi toute cette année à Toulouse. Présider une association d'accueil et d'intégration des étudiants internationaux de séjour dans notre école n'est pas tâche aisée. Ce fut une année très chargée pour moi, tant sur le plan affectif que sur le plan ""professionnel"", entre grands guillemets.... J'ai touché à tout et couru partout, vécu de choses nouvelles qui m'ont appris à bien des niveaux, m'ont fait grandir et m'ont ouvert sur un monde décidément plein de valeurs et d'idées inconnues.


Je rigole en disant que le départ de notre centaine d'étudiants venus du monde entier me laisse comme une mère à qui l'on retire ses enfants de force, mais l'idée reste là.
Septembre m'a propulsée au milieu d'une foule d'étudiants dont j'ai suivi le dossier dès l'instant où ce dernier arrivait à l'Institut. Des dossiers qui bien qu'ils ne comportaient qu'une liasse de documents très formels (CV et lettres de motivation plus ressemblantes les unes que les autres) m'ont fait voyagé et m'ont sorti l'esprit de mon bureau d'alors. Des dossiers mais surtout des prénoms, des noms et des visages inconnus qui ont éveillés ma curiosité tout l'été, qui m'ont fait vivre dans l'attente de voir arriver ces jeunes qui, tout égaux à moi-même, me renvoyaient pourtant à une toute autre vie. Si différente, parfois si exotique. J'attendais avec le plus d'impatience l'arrivée de nos étudiants grecs car leurs prénoms et noms m'étaient si peu familiers qu'ils attiraient le plus ma sympathie ! Un an plus tard, il m'est plaisant de voir que l'un d'eux est devenu un ami pour moi, une personne peu ordinaire... mais que trouver d'ordinaire dans une amitié qui transcende des frontières et des frontières ?...

Je m'égare. Ces dossiers sont devenus, à la rentrée universitaire, des personnes en chair et en os que nous avons accueillies avec excitation dans le vieil amphi Bodin le 3 septembre. Je me souviendrai sans doute longtemps de cette date, alors même que les dates et moi ne sommes guère amies.... Au dernier étage de l'école, je descendais au rez-de-chaussé pour trouver nos nouveaux étudiants qui attendaient sans doute un peu perdus devant l'entrée. Une foule chinoise attendait là, mais je me dirigeais surtout vers mon "filleul" italien que je rencontrais pour la première fois après quelques échanges d'e-mails, ainsi qu'un autre étudiant de la même nationalité déjà rencontré auparavant dans les couloirs de l'administration et qui allait devenir lui aussi un personnage important de mon année... Là-haut, l'aventure Môndus commence pour moi. Je vois des visages auxquels je donne des noms tout bas, les reconnaissant avant même de les connaître. Mes deux mois à traiter leurs dossiers m'ont fait mémoriser certains d'entre eux, et cela m'amuse. C'est cette immersion en plein coeur de leur monde étranger au mien qui m'a donnée la chance de les connaître plus ou moins tous, de me faire ma petite place au sein de leur société assez peu ouverte à la communauté française, faute d'une communauté française prête à s'ouvrir à eux !...

Ma personnalité veut que je m'applique avec dévotion à la tâche qui m'incombe. Si à cette tâche s'ajoute le grand plaisir qu'est le mien de faire des connaissances nouvelles et de m'ouvrir à l'international, ma dévotion est forcément totale. C'est sans doute pour cela qu'aujourd'hui je ressens tant d'émotion à repenser à eux et à tout ce qu'ils m'ont fait vivre cette année. Passer l'année à chercher des idées avec notre petite (toute petite) équipe de môndusiennes pour faire de leur escale en France une escale mémorable, les faire voyager dans la région et leur faire découvrir le patrimoine culturel français nous a sans doute remis à notre place de françaises fières de l'être mais surtout désireuses de s'ouvrir aux dizaines et dizaines de nationalités qui s'offraient à nous. Mon plus grand bonheur réside sans doute dans le multiculturalisme qui a caractérisé toute cette année. Tous ces pays représentés ! Ces nationalités qui clairement n'avaient pas grand sens pour moi auparavant. Cette année, j'ai pu connaître, en surface sans doute mais quand même, l'Espagne, l'Allemagne, la Russie, la Pologne, la République-Tchèque, la Turquie, les Etats-Unis, la Grèce, le Brésil, la Finlande, la Norvège, l'Azerbaïdjan, l'Italie, l'Argentine,.... la liste est encore longue, passionnante et colorée. J'ai voyagé sans quitter mon pays.

Une expérience au coeur de ce melting pot international ne peut que vous rendre profondément pacifiste, et paisible, d'ailleurs. Comment comprendre les guerres qui tiraillent depuis toujours notre monde quand un turc se lie d'amitié à une grecque et qu'une russe fait connaissance avec les américains ? C'est là toute la magie d'une jeunesse plutôt éclairée qui vit au delà des conflits propres à nos Nations. C'est là toute une expérience qui vous propulse dans une douce et reposante candeur ! 

Toujours est-il que je pourrais écrire, écrire et écrire encore tant j'ai vécu de moments magiques cette année grâce à eux. Je ne peux pas parler d'une famille car ce serait assez inexact, et comment faire d'une centaine d'étudiants une famille ? Pourtant je garde précieusement en moi ces liens que j'ai noués avec certains d'entre eux et qui, aussi fugaces fussent-ils, me paraissent plus forts qu'une amitié banalement naissante entre deux français.

Je vis au présent ayant fait mes adieux à (presque) tous à ce jour, et chérissant l'idée que je reverrai certains d'entre eux d'ici peu. Parler de la centaine d'étudiants que j'ai connu cette année est un peu abusif car au fond ceux qui croiseront à nouveau mon chemin se comptent sur les doigts de la main. Ceux-là qui viendront me visiter à Paris dans les prochains mois ou à qui je rendrai moi-même visite à Rio de Janeiro au début de l'année prochaine. Ceux-là qui m'ont donné l'irrésistible envie de mettre des sous de côté pour visiter Athènes, Baku ou Istanbul un jour. J'espère pouvoir leur prouver que notre amitié nouée ici à Toulouse est réelle et non superficielle comme tant d'amitiés peuvent l'être. 

La plupart d'entre eux ont connu mon implication dans leur accueil et leur intégration, mais peu d'entre eux doivent savoir à quel point je suis reconnaissante d'avoir pu vivre ces aventures peu ordinaires qui m'ont sortie de mon pays sans m'en faire quitter le sol. Je garderai en tête cette gratitude lorsque je deviendrai moi-même une étudiante étrangère à Buenos Aires dans quelques mois, et surtout, je m'en nourrirai pour renouveler cette expérience avec autant d'enthousiasme et de bonheur à mon retour à Toulouse, dans un an, quand il sera temps de laisser place à une nouvelle promotion d'étudiants internationaux.

(1er semestre)

(2nd semestre)