Mon voyage commence alors que je m’apprête à quitter la ville rose.
Aujourd’hui, et après quelques heures passées à encartonner mon joyeux bordel, les murs de mon appartement sont à nouveau blancs, vierges de tout souvenir. Les murs en sont pourtant emprunts quand je pose un regard sur eux. Je suis assez triste de quitter Toulouse, car cette ville est devenue mienne. Trois ans après mon arrivée, j’ai du mal à croire que l’on puisse se sentir aussi bien dans une ville… C’est cela que j’emporte avec moi : cette sensation de chaleur que je ressens quand je me promène au bord de la Garonne et que mes yeux s’arrêtent avec autant de bonheur qu’au départ sur le pont Neuf illuminé par le soleil ou par les lumières de la ville de nuit. Je ne vis ici que depuis trois ans et pourtant j’ai l’impression d’appartenir à la ville rose. Une ville qui m’émerveille de douceur, de chaleur, de jolies choses auxquelles on ne prête pas assez attention à priori. Les gens qui partagent un moment d’allégresse en terrasse de café.. Les rues étroites aux jardins suspendus.. Le Capitole et son avant-goût d’Espagne… Oui, quitter Toulouse pour la capitale n’est pas chose aisée pour moi. Mais je console bien vite l’âpreté de ces pensées d’au-revoir, car après tout mon absence ne sera que d’un an. En attendant de commencer mon voyage qui me mènera en Argentine (et j’espère dans bien d’autres pays américano-latins) après un passage de quelques mois à Paris, je profite des derniers instants toulousains, me remémorant tout ce que j’ai partagé avec cette ville et tout ce qu’elle a partagé avec moi.







